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Chronique d'un "crash de la santé" annoncé : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (UFML)
 |  Auteur: admin
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Par le dr dominique thiers-bautrant, gynécologue, vice présidente de l'ufml

Dominique Thiers

Dans une société en pleine mutation, nous médecins peinons à trouver notre place.

Nous ne voulons ni ne pouvons nous réduire à des "producteurs de soins" régulés par les marchés et acceptant les ajustements en fonction d'impératifs économiques.

Pour comprendre la révolte actuelle, il faut admettre qu'elle correspond davantage au ras le bol d'une profession excédée par des années de désastres conventionnels dont le résultat imminent en est sa disparition. La campagne médiatique et politique lancée contre les médecins depuis plusieurs mois, d'une rare violence, ainsi que l'arrogance et le mépris de notre ministre de tutelle, ont fini de mettre le feu aux poudres.

 marisol touraine

Notre système de protection sociale ne fonctionne plus : les raisons en sont multiples, la principale étant que les ressources de ce système solidaire reposent sur les revenus du travail, et que la protection sociale, loin de concerner seulement la branche maladie, s'attache aussi aux prestations sociales telles que indemnités, retraites, allocations, sans compter d'autres financements tels que les signatures conventionnelles des syndicats.

De fait le médecin qui n'est qu'un acteur de soin, se trouve au cœur d'un système qui le dépasse largement, tout autant que le travailleur qui doit participer à alimenter des ressources de plus en plus variées et exigeantes.

Le terme de "Santé" recouvrant un domaine de plus en plus large dont les branches financières ne sont pas les moindres, le soin lui même s'y dilue, tout autant que le soignant et le patient, au profit d'un concept plus large que le politique entend lisser par des dénominations communes. C'est ainsi que médecins, infirmiers, kiné, pharmaciens, manip radios, ASH deviennent des effecteurs de soin, et les patients des usagers.

Cette vision n'a toujours cours que parce que depuis les années 1973-74, l'Etat n'a de cesse que de vouloir gérer la santé par la réduction des dépenses, contre toute logique et malgré la mécanique augmentation des besoins de la population de par son accroissement, son vieillissement et les avancées scientifiques.

Or, si les gouvernements changent, les lois de l'arithmétique perdurent et lorsque les entrées stagnent, que les sorties augmentent, le produit se négative.

Il est décevant et d'une incroyable légèreté que les gouvernants successifs ne se soient attaqués qu'à la partie visible de cet énorme iceberg, que sont les dépenses conjoncturelles de l'assurance Maladie : médicaments, indemnités journalières, transports, honoraires, confondant coût réel des soins et capacités de prise en charge. Tandis que les médecins sont tous des nantis inconscients des difficultés du pays, les assurés sont des fraudeurs en puissance et on trouve ainsi un directeur de l'Assurance Maladie réduit au rôle de Père Fouettard, gardien des clés du trésor, pourfendant l'abus sous toutes ses formes.

fvr

Faisant le choix politique de ne pas réformer l'assurance Maladie, il n'y a plus d'autre recours que trouver des fonds supplémentaires tout en taillant dans les dépenses. Tout naturellement les complémentaires sont les heureux élus.

Faisant le choix politique de ne pas modifier le système de financement, le politique décide alors de transformer le soin.

Tout comme, pour réduire les dépenses d'énergie, en un temps, on avait décidé de modifier le temps avec les horaires d'été-horaires d'hiver, affirmant ainsi la toute puissance de l'homme, la domination de la culture sur la nature.

Depuis 30 ans, ce système se construit patiemment sur l'absence de réactivité des médecins de plus en plus accablés de travail, la complaisance des syndicats, et la démagogie des gouvernements.

La transformation du soin fait passer la relation singulière patient-médecin à une vision protocolisée et fléchée de la santé où les items deviennent des critères et les prescriptions relèvent de quotas, selon un parcours pré déterminé. Dés lors, ces protocoles peuvent être appliqués par des non médecins, permettant aux gouvernants de réduire le coût des actes et de créer de "nouveaux emplois". La démagogie consistant aussi à proposer une voire imposer, une médecine open-bar à toute heure, urgent ou pas et gratuite ou prétendue telle (cf les propositions de transformation de l'Hôtel Dieu à Paris).

Mais l'idée maitresse de ce système qui en permet la perversion jusque boutiste est la création d'une administration de contrôle et de gestion "à la française" : mille feuille administratif au coût prohibitif mais moins apparent que les "dépenses de la sécu" associées dans l'esprit des gens aux revenus des soignants, et dont le rôle essentiel est de poursuivre son auto justification par des décisions aussi arbitraires que brutales avec droit de vetos, sanctions et confiscation de l'outil de travail aussi bien sur les établissements que les praticiens. La conscience de cette toute puissance instaure ainsi un climat de peur et de méfiance chez les soignants, les amenant par obéissance plus que par conviction à appliquer ces protocoles, tous absurdes fussent ils.

Le transfert du financement de l'assurance solidaire vers les organismes privés est plus difficile à faire passer sur le plan politique : les complémentaires doivent recevoir un "bébé" docile et peu coûteux afin de ménager les marges de rentabilité. Le législatif transforme alors le statut des mutuelles en autorisant les remboursements différenciés, instaure des réseaux de soins permettant une clientèle captive, bloque les tarifs, enfermant les "effecteurs de soin " dans un système coercitif où leur survie, là encore, tient à l'obéissance.

Le bilan politique est présenté comme positif : soins peu coûteux, lutte contre la fraude tous azimuts, victoire contre l'élitisme médical et les revenus scandaleusement élevés, développement d'une médecine sociale.

Combien de temps le mirage perdurera t'il avant que la réalité de ces systèmes étatisés, déjà connue à l'étranger, ne se révèle au public : baisse de la qualité, paupérisation des personnes et des équipements médicaux, développement de réseaux parallèles coûteux (cf ce qui se passe en Roumanie, et les raisons réelles de l'afflux de médecins roumains chez nous, dans des conditions honteuses).

Nous médecins de terrain n'avons jamais été consultés ou écoutés.

Nous médecins de terrain, unis, sans distinction de mode d'exercice avons des solutions à proposer aux problématiques des déserts médicaux, des nouveaux modes de rémunération, de la réorganisation des urgences, de la réforme des études médicales.

Nous savons que les ressources du soin ne sont pas utilisées pour le soin et nous voulons y remédier, nous voulons que soignants et patients reprennent le contrôle de la santé tandis que les économistes auront à plancher sur des solutions conservant aux français la qualité des soins qu'ils connaissent actuellement, en tenant compte des impératifs de terrain que l'on tente aujourd'hui de nier au profit d'intérêts financiers très sélectifs.

 

Adhérer à l'UFML, c'est adhérer à l'idée d'une médecine juste, solidaire et forte qui saura défendre ses valeurs historiques et l'intérêt des patients.



Posté le:Mercredi 10 juillet 2013 @ 09:46:03       Page Spéciale pour impression Envoyer cet Article à un ami     Précédent |  Suivant

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