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Lettre ouverte d'un biologiste à Catherine LEMORTON
 |  Auteur: admin
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LETTRE OUVERTE D’UN BIOLOGISTE A CATHETRINE LEMORTON

 

 

 

 

                                                    Madame la députée, 

 

Je me décide à vous écrire afin de vous faire part de ma vive inquiétude pour la profession de biologiste…

 

Je suis pharmacien-biologiste génération 80, c’est-à-dire celle qui a eu un diplôme de Pharmacien, qui a passé un concours d’internat, qui a réussi plusieurs CES dans les grandes spécialités avec probatoire et travaux pratiques et, tout ça, arrosé de gardes multiples jours fériés et week-ends compris.

 

A l’époque, pas de techniciennes de garde pour faire les analyses et pas de téléphone portable pour joindre un assistant mais juste une astreinte téléphonique aléatoire : bref, nous étions face à notre destin, seuls dans la nuit avec nos appareils et pourtant, on rendait toutes sortes de résultats et suffisamment précis pour faire tourner les urgences hospitalières …

 

Cette formation « au top » nous amenait naturellement à nous installer et à devenir directeur de laboratoire d’analyses. Quand je dis « au top », cela signifie que la génération précédente (celle avant la loi de 1975) avait été lâchée sur le marché simplement avec un diplôme de Pharmacien option Biologie en 5ème année et bizarrement ce sont ces biologistes qui nous représentent dans les syndicats et ils sont devenus les zélateurs de la qualité à outrance alors qu’eux-mêmes, pendant leur exercice, se sont affranchis de toutes contraintes. Notre formation induisait que la qualité était consubstantielle à la biologie et je n’ai pas attendu ces messieurs pour utiliser des contrôles quotidiens.

L’ « hyper qualité » demandée va scinder le métier : les qualitologues (sic) qui sont non productifs et les analystes qui, eux, produisent un résultat important pour le clinicien.

 

Dans un premier temps, étant fier de mon métier et ayant été enchanté par mes études, je m’inquiète pour l’avenir des étudiants en Pharmacie. En effet, la loi Ballereau (appelons la comme ça) nous vole notre métier : dans son système de laboratoires multi sites, un seul laboratoire produit des analyses pendant que les autres sites ne deviennent que des centres de prélèvement : il n’y a plus aucun appareil in situ et aucune analyse ne peut être effectuée sur place : ce sont les fameuses « coquilles vides » que la loi de 1975 avait supprimées. D’ailleurs, au niveau de la sémantique, il serait scandaleux de faire croire aux patients que ces sites de prélèvements sont des laboratoires d’analyses : on se trouve dans le même cas de figure que les boulangeries et les terminaux de cuisson !

 

Quel étudiant, actuellement, va se lancer dans une profession BAC +10/12 qui le condamne fatalement à ne pas s’installer en tant que libéral ?

 

 

Pourquoi tuer une profession libérale pharmaceutique qui, à la manière des radiologues, est indispensable au diagnostic médical ?

Quel est l’intérêt d’analyser en aveugle des tubes que l’on n’a pas prélevés et de prélever des tubes que l’on n’analysera pas ?

 

La loi Ballereau fera que nous deviendrons des super-infirmiers et notre statut sera dégradé. D’ailleurs, comment nos braves syndicalistes ont pu signer une loi où en exergue, on leur dit que le biologiste ne sera plus dénommé « directeur de laboratoire » mais « biologiste responsable » : il est clair que le biologiste ne décidera plus de son avenir …

Donc les étudiants se détourneront de la biologie et quand on sait que la faculté est obligée de « racoler » les collés du concours de médecine pour avoir son quota d’inscription, on a de quoi s’inquiéter …

 

Dans un deuxième temps, je m’interroge sur l’intérêt d’une telle accréditation : a-t-on prouvé qu’une analyse COFRAC a un intérêt majeur pour la santé d’un malade ? Les Pharmaciens qualitologues et leurs affidés ont-ils prouvé que doser une TSH à 1% près est indispensable alors que la TSH varie physiologiquement de 5 à 10% au cours de la journée ? Rendez-vous compte que l’on ne peut plus détenir un pèse-personne au laboratoire sous prétexte qu’on ne l’étalonne pas ! En revanche, si le malade connait son poids ou si le médecin le note sur l’ordonnance, le poids est validé et on peut donc calculer le DFG avec le dosage de la créatinine. Quelle fumisterie !

 

De plus, la position du COFRAC est léonine : une seule société privée, à but lucratif, va tenir toute la biologie. Quel bon business !

Donc, moi qui exerce depuis plus de 25 ans, il faudra que je passe sous les fourches caudines du COFRAC. Quelle humiliation !

D’autant plus que, dans la chaine de santé, nous serons la seule profession à être aussi contrôlée.

 

 

Pour en revenir au malade et à la vie de tous les jours, actuellement les appareils de biologie sont de plus en plus performants et compacts : on peut très facilement faire sur place et en toute confiance 70 à 80% des analyses courantes.

 

- Est-il concevable pour ces analyses simples d’avoir des délais exorbitants ?

 

- Est-il normal qu’à partir d’une certaine heure (dite « après le passage du dernier coursier »), les laboratoires multi sites ne prélèvent plus et donc ne fassent pas les analyses en urgence ?

 

- Est-il normal que dans les grandes villes, vu le nombre existant de laboratoires, l’ ARS autorise la création de nouveaux sites pour les LMS, souvent sans biologiste ?

 

 

Actuellement, je pense que beaucoup des laboratoires se sont regroupés, de guerre lasse, pour la plupart.

 

Il faut absolument atténuer la portée actuelle de cette loi et vous en avez la possibilité en instillant quelques aménagements.

 

Il faut faire en sorte que les laboratoires ne soient pas inféodés à un groupe financier : laissez la possibilité d’avoir des contrats de collaboration/coopération.

 

Il faut diminuer la mainmise du COFRAC sur la profession en leur donnant une importance relative : accréditation obligatoire pour les énormes structures, facultative pour les plus petites.

 

Aidez-nous ! : notre profession est vieillissante : beaucoup de biologistes ont vendu dès la parution de la loi : ils ont pris leur retraite et les biologistes restant se désintéressent de la biologie, ils ne sont plus motivés. Il n’y a qu’à voir le taux de remplissage des journées de Biologie.

Or, les biologistes qui « résistent » ont le nez dans le guidon (prélèvement le matin tôt, analyses, gestion des urgences et du quotidien), ils n’ont pas le temps de faire du syndicalisme et malheureusement, certains syndicats les plus lobbyistes et hélas les plus écoutés, nous ont trahis …Aujourd’hui ils sont massivement rejetés par l’ensemble des biologistes mais continuent à profiter de leur reconnaissance par les autorités de tutelles et font tout pour écarter ceux qui veulent faire passer l’opposition à cette réforme.

Un mouvement complètement différent par son éthique et sa manière de communiquer est entrain de naitre : le syndicat des biologistes praticiens issu de la coordination des biologistes en colère.

 

Maintenant, je voudrais aborder le plan politique de la réforme : lors de sa campagne, François Hollande semblait opposé à cette loi.

La prestation du candidat à la télévision parlant de son ennemi « la finance » m’a ravi et c’est donc confiant que je lui ai donné mon suffrage.

Est-il normal que l’argent des cotisants enrichisse un fond de pension étranger ? Pensez-vous que les groupes financiers vont maintenir dans des centres de prélèvements des biologistes ?

Il est évident que dans le cadre des économies de santé, ils vont garder une secrétaire et un technicien  et le biologiste ira faire de la validation technique sur un plateau.

Que deviendront toutes les techniciennes qui ne « techniqueront » plus ?

Est-il décent de laisser tourner des milliers de voitures de transport réfrigéré toute la journée dans le cadre de l’écologie ?

A-t-on pensé aux aléas du transport (vol, accident, intempéries …) ?

Peut-on laisser la santé des français dans une telle incertitude ?

 

Voilà ! Maintenant, pour nous biologistes, le boulot de tous les jours, le harcèlement des groupes qui veulent nous racheter, la promesse d’un tsunami fait que nous sommes dans un état de déréliction totale.

Les charges financières induites par le COFRAC font que les laboratoires se vendent les uns après les autres.

Je compte sur vous pour faire que notre profession reste encore attractive pour les jeunes et qu’elle puisse demeurer auprès des français une profession de haute renommée et pas une profession de service.

 

Je vous remercie de m’avoir lu et vous prie de recevoir, Madame la députée, l’assurance de mes meilleurs sentiments.

 

 

                                                                                             

 

 

 



Posté le:Lundi 17 décembre 2012 @ 21:43:04       Page Spéciale pour impression Envoyer cet Article à un ami     Précédent |  Suivant

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